400 Team Raid Nature Multisport

Venez découvrir les résumés, photos et commentaires des raids natures multisports, entraînements et autres moments de vie de l'équipe 400 TEAM à travers la france...

Thursday, December 03, 2015

film ARWC Pantanal 2015

Paysages grandioses, faune flore...

https://youtu.be/rkwiKx62_X8

Saturday, November 28, 2015

ARWC Pantanal 2015, into the wild...

Le Pantanal, vous connaissez? Cette région sauvage à l'ouest du Brésil du coté de la frontière Bolivienne. Des lacs, des rivières, des forêts vierges, des marais, un peu de relief autour, une densité de population des plus faibles au monde, une faune par contre très importante et variée.
Voici donc le théâtre des championnats du monde de raid 2015. 32 équipes dont les meilleures  et nous 400team Raidlight Naturex avec Nico Moreau, Audrey Ehanno, Tom Gaudion et Seb Raichon. 700kms annoncés avec beaucoup de kayak/packraft et de trek puis du vtt en fin de raid.
Après 3 jours de préparation sur place où nous gérons surtout l'absence de nos caisses vtt (Merci au formidable José Pires, The bénévole de l'ARWS), nous quittons Corumba en bateau militaire pour rejoindre le départ qui se situe sur la rivière Paraguay à 10h de route ou plutôt de rivière. La nuit sur le bateau est des plus originale, 30 couchettes dans une salle sans fenêtre de 15m2! On a reçu les cartes lors du breefing et l'on trace notre itinéraire sur ces grandes cartes au 100000..., on découpe, on plastifie. Nous arrivons dans un petit village le samedi matin 14 novembre au lever du jour. Il y a un projet social avec une école qui regroupe les enfants de la région. Nous faisons la visite et offrons des livres aux jeunes. La chaleur est écrasante, 35° à l'ombre voire plus... A 13h nous embarquons sur le Paraguay pour une première section de 55 km environ   à contre courant!

Section 1: Kayak 55 km dans un four... 
 Ce départ en ligne en kayak est magnifique, nous partons vite surtout Nico et Audrey!!! On lutte avec Tom pour les reprendre. Très vite on s'aperçoit que notre intense entrainement kayak des dernières semaines  a porté ses fruits. On est avec les meilleurs ou pas loin. Nico se donne sans compter et nous faisons des ablutions rafraichissantes régulièrement pour abaisser notre température corporel. Nous avons opté pour les tenues déserts blanches de Raidlight et cela semble dès le début être un excellent choix! Nous passons une bonne partie de l'après midi avec les Espagnols, puis seuls, nous attaquons une partie de navigation plus intéressante et sauvage pour rejoindre un grand lac. Nous apercevons nos premiers crocodiles, nous atteignons le grand lac à la tombée de la nuit, 1er coucher de soleil, 1ère fois également que les américains de Tecnu nous double!!! Notre fin de section est plus poussive, quelques équipes nous doublent dans la nuit sur cette interminable final. Il est 23h30 environ quand nous touchons enfin la terre à la 10ème place environ.

Section 2: trek 25km, jaguar et premier bush...
Après une transition des plus rapides, nous partons en marchant en prenant soin de nous alimenter. Puis sur cette première longue piste qui nous fait passer momentanément la frontière Bolivienne, nous courrons un peu et reprenons les très sympas sud africain de Merell. Petit chassé croisé également avec les militaires Suédois (SAFAT). Seuls, nous approchons du premier CP et sur la gauche 2 yeux nous observent, on éclaire, un jaguar déjà! Je sors ma Gopro mais hélas le fauve s'en est allé...
Ca commence bien ce raid. On pointe le premier poste et l'orientation fine démarre, 3 équipes devant nous semblent jardiner un peu, je prends le cap et trouve assez rapidement le sentier qui doit nous mener au cp suivant. Ca met en confiance! Dans la montée sèche, on reprend les suédois de Peak mais Nico nous fait un petit coup de chaud... Le bonhomme est solide, après 5' de pause, on pointe le poste et on attaque la descente "into the bush". On ne sort pas la machette mais la progression est compliquée. On reprend une nouvelle équipe et l'on trouve un petit canyon que l'on descend. Je m'aperçois au bout d'un moment que j'ai perdu ma carte! Heureusement qu'on avait "acheté" un deuxième jeu car je me vois mal la retrouver dans cette végétation luxuriante. Comme toujours lors de ces progressions, le verdict tombe à l'aire de transition suivante! A t on trouvé la bonne trace, le meilleur passage? He bien oui puisque nous pointons quasiment au lever du jour le dimanche matin à la 4ème place! Les Silva sont là, nous sommes devant les anglais et les espagnols,  le moral est au beau fixe!

Section 3: packraft-trek 50km, où l'on comprend que le raid sera long, très long...
Très rapidement, l'on s'aperçoit que l'un de nos deux rafts se dégonfle, on s'arrête, on inspecte le bateau mais rien pas de trou. On repart en prenant soin de bien fermer les bouchons et ouf ça tient. Nous avions du juste mal fermé l'un d'eux. Sinon c'était mission impossible... Notre raft avec tom est trop petit, on est super mal installé et j'adopte la position allongé. Nico et Audrey les gros bras de l'équipe nous tractent! On déambule au lever du soleil dans des méandres, c'est beau et sauvage. Les espagnols nous doublent, puis des tchèques mais nous les lâchons à nouveau sur une coupe qui s'avèrera en fait être le cheminement idéal (cette carte est piégeuse...),  la chance est avec nous!
Regroupement au CP6 car ce dernier est manquant. Les espagnols tournent depuis un moment (souvenir du RIF), nous cherchons, les Anglais et les Tchèques nous rejoignent.  Nous prenons la photo du coin et continuons notre route!
Un immense lac se dresse devant nous, vent de face... Cela ne va pas être une partie de plaisir. On se lance à l'assaut des vagues en position d'attaque, Nico et Audrey peinent enfin:) A nous de les accrocher,  on double les Anglais, histoire des les impressionner, on en remet une bonne couche! On termine enfin la partie raft de cette section. On accoste sur une plage en bord de forêt dense très dense... On fait le plein d'eau, on charge nos sacs avec les bateaux, les gilets, les pagaies! Il doit faire 40° à l'ombre... On attaque la partie trek, on a du bush à traverser pour atteindre le CP7 au sommet. J'ai chaud très chaud, je suis limite... Nico a sorti la machette et nous ouvre la voie, Tom prend le relais de temps en temps. Chaleur plus bush plus ascension vertical égal 1km/h. On avance malgré tout et on entend autour de nous une ou deux équipes. On se fait une pause à l'entrée d'une grotte d'où un semblant de fraicheur en sort. Mais au bout de 5' on entend les Anglais en approche. On poursuit jusqu'au CP où l'on retrouve Silva  à l'ombre d'un arbre et les Anglais en forme qui en repartent. On a chaud mais on est dans la course plus que jamais, 3ème à 1' des 2èmes. On a un moral d'acier et on entame immédiatement la descente vers l'aire de transition. On a plus d'eau et ça commence à être limite. On navigue à la boussole vers un cours d'eau... à sec. Puis 1h plus tard un autre et là miracle une source! La chance est toujours avec nous, on boit des litres, on s'asperge et on reprend notre cheminement. Un chemin doit nous mener à bon port. On trouve une trace qui s'avère être un ruisseau. On se souvient du breefing où Shubi nous avait dit "le trait noir sur la carte correspond soit à un chemin, soit à une rivière, soit à la trace idéale..." On se dit qu'on est sur le bon mais rapidement on tombe à nouveau dans le bush. Cette fin de section ne sera donc pas facile! Très vite Silva arrive, on cherche ensemble. Ils semblent vouloir poursuivre dans cette voie. On pense au contraire qu'il y a autre chose à faire. Bientôt d'autres équipes arrivent (4-5) et on décide avec Merell de partir plein nord pour retrouver le bon chemin. On y arrive enfin! 2h de perdu mais c'est rien par rapport aux suédois et autres américains qui persévèrent sur la mauvaise voie... On rejoint enfin tard dans la soirée la transition. On se rend compte alors que l'orga s'est complètement planté sur les estimations de temps des sections à pied... Nous espérions une arrivée jeudi soir, ce sera au mieux vendredi soir! Nous dormons 1h30 en compagnie de Merell. Ravitaillement et douche au programme pour certain!

Section 4: trek 68km, into the wild...
 Nous repartons 3ème en milieu de nuit, les autres équipes ne sont toujours pas là et on les imagine en galère dans le ruisseau précédent... Le moral au beau fixe, on attaque le plus long trek de la semaine tout d'abord par des chemins et sentiers très roulants. Le Cp9 pointé, on cherche en vain et durant une bonne heure le sentier qui doit nous mener sur les flancs de la montagne. Peine perdue, il n'y a rien et on attaque donc dans le rivière puis à nouveau dans le bush. Nico devient un expert de la machette et il nous crée des passages dans cette végétation dense. Au lever du jour, nous sommes dans l'ascension qui doit mener au CP10, le bush c'est terminé pour la journée! Le lever du soleil sur le Pantanal est grandiose. On s'accorde une pause de 5' devant ce décor de rêve. On fait le plein d'eau dans un ruisseau puis on atteint le fameux CP. Nous sommes loin des intouchables Seagate mais à 2h des Anglais 2ème qui n'ont pas dormi... La suite c'est une longue crête avec des sommets intermédiaires. Mes camarades prennent peur quand je leur montre tout au bout de l'horizon l'emplacement du CP11... Une longue journée nous attend. La chaleur se pointe aussi... On marche doucement, on fait des pauses, on trouve au bout de 3-4h une source. On prend le temps et on remplit tout ce qu'on peut (bidon, poches à eau). De temps en temps, de magnifiques Aras volent au dessus de nous  par deux ou trois. Franchement, il fait chaud mais que cette nature est belle.
 Nos gaspachos et wingel Naturex sont de délicieuses douceurs dans ces moments de canicule. Nous avons des pensées pour le labo qui nous a préparé tout cela... Au milieu de l'après midi, notre situation en eau  devient critique. On explore les quelques cours d'eau indiqués sur la carte mais ils sont tous à sec... Et puis plus tard miracle, une source au milieu de nul part sur lequel on tombe par hasard. Le Dieu du Raid est avec nous! On va même jusqu'à se baigner avec Audrey... On repart tout sourire même si notre invincible Audrey est un peu dans le dur! On aperçoit devant nous 7 personnes... mais qui est ce? En fait ce sont 3 journalistes photographes et les Anglais. Ces derniers semblent au plus mal à l'ombre d'un arbre. On les passent. Nous sommes 2èmes des championnats du monde après 55h de course, c'est phénoménal! 3 Australiens hors course nous reprennent. On chemine plus ou moins ensemble vers le tant désiré Cp 11 que nous atteignons en fin d'après midi. On se pose et observons avec Tom l'attaque du Cp12. Audrey nous fait une grosse colère car on veut vite descendre avant la nuit et elle se serait bien posée 5' de plus... On fait à nouveau le plein d'eau. Ce Cp 12 est compliqué de nuit, on perd un peu de temps mais on le trouve. S'en suit une descente sur une crête un peu tendue, des pierres dévalent et Tom n'aime pas du tout ça. Du coup il cherche et nous trouve un canyon sec des plus roulants pour terminer notre descente! J'en profite pour me faire une belle entorse cheville gauche avec petit craquement, oup's va falloir serrer les dents! On coupe une rivière, les australiens sont là et nous disent ne pas trouver le chemin qui mène à l'aire de transition. On prend le temps de remplir nos gourdes et de se nettoyer les pieds. Sur la carte, le chemin suit la rivière puis part au nord est. On suit donc la carte mais pas de chemin. On tente un azimut, on sort la machette, mais toujours rien. On se dit alors que de nouveau le bush est au programme de cette fin de section. (erreur fatale, on est à 50m du chemin sans le savoir...).
Allez Nico, go! On avance à l'azimut une bonne partie de la nuit, c'est compliqué et puis vers 4h30 du matin cela devient impossible, on tourne en rond sans trouver de passage. On décide de dormir jusqu'au lever du jour. On est en pleine jungle, on met nos hauts et bas ultra light Raidlight, notre moustiquaire de tête et on dort là au milieu de nul part avec la faune locale... Improbable, impensable... On se réveille en vie sans avoir subit  d'attaque:) Que faire! On décide de retourner sur la rivière et de la redescendre jusqu'au croisement avec la piste. Beaucoup plus long mais plus sur! On retrouve notre rivière non sans peine. Une autre équipe semble avoir fait ce choix. C'est bon signe. Nouveau moment de grâce, le décor est magnifique, des singes inquiets nous accueillent à leur façon, nous avons parfois de l'eau jusqu'au cou. Quelques petits caimans aussi. Nous avançons doucement. Nous avons sans doute perdu le podium sur cette fin de section mais nous nous sentons privilégiés de vivre un tel moment. INTO THE WILD... Nico devant joue les explorateurs, on l'entend crier de joie, il a  retrouvé la piste. 10' plus tard on voit apparaitre la piste qu'on a jamais trouvé sur notre droite.
Les carottes sont cuites, on a du perdre 7 ou 8h sur les équipes qui ont trouvé le chemin immédiatement. De plus cette longue marche dans la rivière a bien entamé nos pieds... On croise Craig le boss de l'Arws, puis l'aire de transition. On est 9ème ou 10ème... et pour l'arrivée ce sera samedi maintenant! On se ravitaille, on nous soigne les pieds. Un photographe prend une photo des miens qui fera le buzz sur face book et qui inquiètera grandement mes proches. Ce sont des "compils" sous mes pieds qui sont en décomposition, et non mes pieds!!! Je souffre de deux ampoules aux petits doigts de pied mais rien de bien grave! Après 5h de marche dans une rivière, forcément on a les pieds un peu fripés... Le médecin local me met de l'alcool à 90 sur mes ampoules, je hurle de douleur, un journaliste japonais ne comprend pas que je continue le raid. Je lui explique avec mon anglais "parfait" que ce ne sont pas deux petites ampoules mal placées qui vont mettre un terme à mon expédition Pantanalesque...

Section 5: kayak, 60km, avec le vent et les courants!

Nico toujours aussi efficace a préparé les bateaux. Nous partons pour une nouvelle longue section kayak. On décide rapidement de s'accrocher et de dormir à tour de rôle. Le vent nous pousse, le courant est parfois fort. Hélas les arceaux de nos voiles se sont cassés et on ne peut les utiliser! Des photographes nous approchent souvent. Cette section est finalement tranquille. On avance à un bon rythme et on se repose aussi.
On passe donc la journée du mardi ainsi jusqu'au terme de la section qui marque le début de la partie la plus difficile du raid au coeur du Pantanal. Nous dormons dans notre tente 1h30, un petit café Naturex et c'est reparti!

Section 6: trek, 50km, la rivière aux crocodiles...

Difficile pour nous de remettre les pieds en marche, les ampoules nous font boitiller. Petit à petit ça va mieux, on trouve le début du chemin facilement. Ce dernier se transforme rapidement en rivière. Au début nous croisons de petits caimans ridicules. Tom nous fait mourir de rire avec ses angoisses nocturnes! Les Anglais nous doublent, on les pensait devant! L'état de nos pieds ne nous permet pas de les suivre. On se demande alors pourquoi l'orga ne nous a pas fait faire cette section en packraft. On marche dans une rivière sans fin. On voit nos premières dangereuses raies! On ne peut s'appuyer sur rien sur la carte car les rivières n'existent plus et le chemin est lui même une rivière. Seuls quelques barrières de bétail sont cartées et existantes mais pas toutes! Nouveau lever du jour dans un décor somptueux. Quelle Aventure.
On atteint le premier point de référence cartée plus tôt qu'on le pense. Tant mieux. Une ferme et un cowboy qui nous indique le chemin suivant. On a le moral en ce début de matinée. Nico se plaint de plus en plus des pieds et le rythme baisse. On trouve la ferme suivante assez facilement. On demande à un autre cowboy le chemin, il se montre vague et nous indique une direction. On tente, on trouve des traces d'animaux mais rien de sur. J'hésite et après une heure, je propose aux copains de retourner à la ferme car je crains de perdre le cap sur cette fin de section et vue l'environnement et la carte, y a moyen de se perdre un moment!
De retour vers la ferme Nico marche sur un gros croco. La chaleur est de nouveau écrasante. Les locaux nous propose un bon repas et de l'eau fraiche. C'est parfait à ce moment de la journée! Audrey n'a pas le droit de manger avec nous et elle prend son repas dans l'arrière cuisine!! On repart accompagné par notre cowboy qui nous emmène dans la bonne direction. Je le remercie mais il tient à nous accompagner plus loin! C'est limite gênant et au bout d'un moment on lui fait comprendre qu'on va vraiment continuer seul:) Il fait de nouveau très chaud, on se baigne régulièrement, on trouve de l'eau facilement tellement il y a des marais. Parfois l'eau est à 40° et nos pieds souffrent de plus en plus. On avance doucement dans des paysages grandioses. Sangliers, loutres, oiseaux plus beaux les uns que les autres nous accompagnent. Tenir un cap sur 20km, c'est difficile. les zones de végétation cartées ne correspondent à rien dans la réalité. Nous comprenons vite qu'on atteindra pas la fin de la section de jour... Avec Tom on se cale, sur une barrière à la tombée de la nuit. Audrey prend soin de  Nico. Nous sommes à vol d'oiseau à 5km de l'AT. Le problème est que nous ne connaissons pas exactement notre position sur cette barrière. De nuit le seul choix possible est de partir à l'azimut plein nord avec erreur volontaire jusqu'à la barrière suivante (en espérant qu'elle existe encore) puis de longer cette barrière  plein est jusqu'à l'AT... Mike Horn est en nous, explorateurs de l'extrême nous voici!!!
Bien sur ce sont des marais sans fin devant nous... J'ouvre la voie avec mes bâtons sondeurs , Tom derrière puis Audrey et Nico. Je garde le cap, Tom surveille les ilots où l'on pourra éventuellement planter la tente. Au début peu d'eau puis de plus en plus et des yeux qui apparaissent. Lorsqu'ils sont rouges, ce sont de petits caimans, losrqu'ils sont jaunes, ce sont des spécimens de 3-4m! De temps à autre une bande de terre où l'on reprend son souffle. Je suis étrangement serein, "les crocodiles ne sont pas un danger, nous avait-on dit au breefing", je continue en ayant intégrer visiblement cette donnée qui a sans doute échappée à Tom qui a sorti la machette dans mon dos, pour me sauver me dit-il! Deux heures qu'on taille notre azimut dans cette ambiance, on devrait approcher... Pourvu que cette barrière existe encore... on arrive dans une zone très profonde, crocodileland, on contourne par l'est et puis miracle une lumière sur notre droite dans la direction supposée de l'AT! Cette lumière est notre nouvelle visée, mais entre nous se dresse de nouveau des marais bien profonds et peuplés. Je sonde de nouveau et hop un croco sous mes pieds qui fuit à la vitesse de la lumière. Puis un 2ème... je suis content d'avoir mes bâtons! Tu vois bien Tom qu'ils ont peur de nous:) Vers 22h ce mercredi soir nous rejoignions la frontale de José Pires à l'AT 6 terme de cette section d'anthologie qui nous aura occupée 24h et marquée pour le restant de nos jours. Nous retrouvons Merell, Tecnu et des équipes Brésiliennes shuntées. 6 équipes sont partis sur la section suivante de packraft, José s'occupe de nous, repas chaud et repos. Nous prévoyons de repartir au lever du jour. On est chaud bouillant!

Section 7: 50km packraft, voyage au dessus du Pantanal

A notre réveil à 4h30, José nous apprend que les anglais sont revenus en arrière car ils ne trouvaient pas le chemin. Il nous indique également que Seagate est sur le section depuis plus de 24h et que c'est très compliqué, que les espagnols ont envoyé un message de secours et que les estoniens semblent perdus également. Le capitaine Anglais réuni tout le monde et signale qu'il nous faudra environ 2 jours pour faire cette section ce qui nous amènerait à vendredi soir... veille de l'arrivée, et avant veille de notre départ pour la France. Il joue le rôle de l'organisateur qui s'adapte en lieu et place des organisateurs qui semblent dépassés et qui ne mesurent pas l'ampleur de la tâche pour avoir les équipes samedi à l'arrivée. L'organisation finit par répondre positivement à la demande des Anglais. Plus personne ne part sur cette section packraft. On va nous transporter par petit avion local au départ de la section vtt n°9! On en profite donc pour dormir de nouveau et se ravitailler... Dans l'après midi du jeudi, un premier avion transporte les sud af de Merrel puis les Anglais, puis les Américains, puis nous. Nous pensons alors que cette AT était une sorte de dark zone  et que nous repartons en chasse de ces 3 équipes pour cette fin de raid. Sachant que peu d'équipes sur les 5 sortiront du packraft n°7, on se dit alors que la course est relancée...
Notre vol dans ce petit coucou de l'armée Brésilienne est fantastique. Il vol très proche du sol, la vue sur le Pantanal est merveilleuse. On passe au dessus d'une équipe en packraft et on ne les envie pas tant ils semblent perdu dans ce dédale de marais...

Section 9: 185km vtt,  sable, soif et orage...

Enfin du vtt, on est jeudi soir et depuis samedi 13h, on marche ou on pagaie! Romu n'aurait pas aimé ce manque de variété...
On se prépare vite contrairement à Tecnu. L'orga nous annonce un vtt modifié par rapport aux 150km prévu. Dans nos têtes, modifié égal raccourci, on ne se charge pas trop en nourriture et eau du coup. De plus on va faire ça de nuit...
On part en même temps que nos amis américains. Audrey n'est pas du tout avec nous, elle est "ailleurs" comme elle dit. Ce début de section est donc bien difficile pour elle. Nico l'accroche à sa laisse.  Avec Tom on est bien dans la carte et les chemins sont presque tous cartés, ouf!
Par contre on est dans des zones de sable et avec le manque de pluie des dernières semaines, on est plus souvent à coté du vélo que dessus! Même de nuit, cette zone est chaude et très rapidement on épuise nos réserves en eau. Pas de village, pas de rivière, rien toute la nuit. Une mare avec des bestiaux, on remplit une gourde en cas de dernier recours mais l'eau noire est peu engageante. Heureusement j'avais emmener 3 boissons sucrés. Je distille toutes les 30 mn une gorgée à chacun! Le wingel naturex devient alors le safegel tant sa fraicheur nous comble.
On a repéré une ferme et notre but est de l'atteindre pour faire le plein d'eau. Vers 5h du matin nous y sommes enfin. Les chiens hurlent, un homme se réveille au loin et pointe derrière des barrières, Nico nous fait alors un show de communication à distance"amigo, por favor, agua, amigo, amigo, agua...". Après quelques minutes assez longues un autre homme se pointe. Il nous invite à venir et nous pouvons alors boire sans fin comme on en rêvait depuis de longues heures! Le bonheur c'est simple comme une bouteille d'eau... On repart de nouveau sur de bons rails. On s'amuse alors à imaginer que nous sommes dans un jeu et que l'organisateur nous lance des défis successifs que nous remportons. Après la canicule, le bush, les singes, les crocos, l'avion, le sable, la soif... Que nous réserve maintenant Shubi? He bien c'est l'orage et les pluies diluviennes. Bon pour le coup on n'est pas contre car cela nous rafraichit bien. Mais rouler dans le sable, face au vent et dans l'orage, cela à tendance à ralentir encore notre rythme!

Cette section modifiée s'avère plus longue et on s'aperçoit de notre erreur lors de notre préparation de section. On n'a plus rien à manger quand Tom nous annonce tout sourire que lui a encore plein de chose dans son sac! Champagne! On termine fort cette section, on se relaye, on s'accroche les uns les autres, Nico en locomotive. On retrouve vie humaine le vendredi midi à un Cp. On pourrait acheter à manger mais on a plus d'argent, tout juste de quoi acheter une bouteille de coca fraiche. Il reste encore 45km et cela me coupe un peu les pâtes d'autant que les ricains sudaf et anglais sont plus de 2h devant nous... On traverse une rivière en bateau, petite pause bienvenue puis on termine cette section. Enfin quelques cotes et descentes à l'approche de mines de fer. La terre et les mares sont d'un rouge puissant. On croise un énorme serpent sur le bord de la piste! On retrouve enfin nos caisses et on se délecte de nos victuailles tant désirées! Seagate arrive alors, ils ont l'air en pleine forme, serein.  On repart à vélo pour le nouveau défi de Shubi, 13km sur une voie de chemin de fer. Horrible! mais on relève le défi. Les suédois de Peak nous rattrapent sur cette section et cela nous énerve franchement. Pas question de se faire doubler par Peak! On attaque ainsi la montée vers l'atelier de corde au taquet et on les dépose sur place.

Section 10: cordes, oulalalala!
On se change vite et  l'orga nous indique qu'il faut suivre le balisage pour monter au départ du rappel. Le balisage est défaillant et dans le brouillard on le perd à de nombreuses reprises ce qui a le don d'énerver Toto. On finit par arriver tout de même au bord de la falaise. Brouillard, vent cinglant, rappel vertigineux. Les guides locaux nous équipent, la mise en place dans le vide est tendue, je prends le soin de ne pas trop allumer ma frontale pour ne pas voir l'environnement... C'est un rappel de plus de 150m guidé par une poulie. Mi tyro, mi rappel qui nous place dans un gigantesque vide. Quelle ambiance!

Section 11: allez dans 25km on boit une bière...
Ce dernier vtt semble une formalité, une belle descente puis un retour roulant vers Corumba. J'annonce aux copains qu'on va boire une bière dans 2h!
On galère un peu pour trouver le sentier de départ et puis superbe descente singletrack vtt, la seule du raid. On rejoint une piste et là le sommeil dans cette fin de soirée nous attaque. 7ème nuit de raid, oup's c'est dur, on avance, on chante, on crie pour se réveiller, on reprend du café. On traverse une piste pleine de gleyse et on manque de tous casser notre transmission. Nouvelle épreuve de Shubi, on passe encore! On trouve le cp suivant. On dort 10mn. Allez dernière ligne droite! Et puis quelques kms plus loin plus rien, plus de chemin, plus de sentier, juste un bout de rubalise qui nous invite à rentrer dans le bush! Non Shubi pas maintenant, pas la dernière nuit, pas à 10km de l'arrivée. Là c'est abusé,! Tom ne veut pas me croire qu'il n'y a pas de chemin. Je lui montre les traces des nos copains qui sont passés avant mais nerveusement, c'est trop  pour lui en cette dernière nuit. On décide de dormir 30' avant d'affronter les 5kms à venir. Car vu la végétation, il nous faudra bien 3-4h pour passer... Je réveille les troupes pour en finir. On avance, en suivant les traces des autres, Tom et Audrey trainent, je mets du temps à m'apercevoir que Tom n'est pas réellement avec nous... "serge" s'est réveillé à sa place et il est complètement à coté de ses pompes. "on est où?" "on fait quoi?" "vous me manipulez?". Moment très désagréable qu'on abrège à coté d'une ferme posé au milieu de nulle part. On refait une sieste pour attendre le lever du jour. Les américains sont là aussi et dorment! Je laisse les copains  et je cherche la sortie de cet enfer. Je trouve une rivière qui part dans la bonne direction et persuadé que notre salut passe par là je réveille de nouveau les copains au lever du jour. Tom est de nouveau avec nous, ouf! On longe, nage avec notre vtt dans cette rivière et on aperçoit à nouveau une trace dans le bush certainement celle de Seagate. On l'emprunte et une petite heure plus tard nous atteignions enfin la piste finale! Shubi, défi relevé! ce serait bien d'arrêter là... C'est une victoire pour nous d'autant qu'on sait les américains derrière nous!
On roule le coeur léger jusqu'à Corumba pour la dernière épreuve de barque de 5km. Nous atteignions la Transition vers 8h du matin. Seuls Seagate et les Anglais sont passés. On a aussi doubler Merrel! Yes.

Section 12: barque 5km, on coule!
On embarque c'est le cas de le dire dans une barque très instable. Il nous faut remonter le Paraguay et il y a du courant. A aucun moment l'orga ne nous dit de laisser nos sacs. On est tellement chargé qu'à chaque déséquilibre, l'eau pénètre dans la barque!!! Tom nous dit qu'on va couler. On lui dit que non et puis 2km plus loin... Shubi nous fait  couler! On perd une pagaie, on arrive tant bien que mal à atteindre le bord où des locaux nous aide à vider la barque. Les Sud Af de Merrel nous doublent alors avec une barque bien meilleure que la notre et sans leur sac! Quelle injustice... à 3km de l'arrivée, ça nous plombe! Ca fait genre arrivée de l'an passée en Equateur! Un sprint après 7 jours complètement inégalitaire... Bon les "Merrel" on les aime bien, la pilule passe mieux! On repart sans nos sacs laissés dans les fourrés. On franchit enfin cette ligne ce samedi matin vers 10h après 165h de course juste devant Tecnu qui termine à pied après avoir coulé également!

Jamais dans nos précédentes aventures nous avons atteint une telle intensité émotionnelle. Les dernières 24h mis à part le rappel sont  inutiles et clairement de trop mais ce que nous avons pu vivre les 6 jours précédents n'est pas donné à tout le monde. Ce plongeons dans le coeur du Pantanal restera à tout jamais dans nos mémoires. Je suis fier de notre équipe si soudée. Nico a montré une grande force mentale et physique. Toujours à l'écoute des autres, il aura souvent tracé la route.
 Audrey imperturbable, sereine, tranquille aurait pu continuer sans doute encore longtemps.
Tom notre moteur à pied aura dépassé de nouveau de nombreuses limites personnelles.
Quant à moi, à un chemin près, je suis assez content de mon orientation et qu'on se le dise, mes vieux pieds fripés vont bien!!!

L'ARWS doit maintenant réfléchir à son cahier des charges concernant les organisations des raids et surtout les finales car cette fin de raid ne donne pas beaucoup de crédibilité. Le classement  ne repose sur rien (on nous classe 9ème derrière les Américains alors qu'on franchit la ligne avant eux avec un parcours identique, les Espagnols et Estoniens sont  4èmes et 5èmes alors qu'on doute de leur autonomie sur la section packraft).
La cérémonie de clôture est à l'image de cette fin, indigeste. On aura tout de même eu le plaisir de discuter avec les Français d'Issy plein de rancoeur envers cette organisation dépassée par l'évènement. Leur principale erreur aura été de sous estimer le durée des sections, voire de ne pas avoir fait les reconnaissances en condition de course. Malgré tout leur accueil aura toujours été chaleureux et sans eux nous n'aurions vécu cette expérience.

Un grand merci à nos partenaires sponsors sans qui également tout ceci n'aurait été possible. Raidlight, Naturex, Hoka, la Brink's notamment.

La saison 2015 s'achève. Compter sur nous pour 2016...




Sunday, September 27, 2015

Raid in France 2015



Septembre 2015, nous nous présentons au départ de ce raid in France version tour de l’Ain avec une équipe inédite. Pour mon 6ème « RIF », je suis accompagné de Sandrine Béranger qui revient sur cet évènement qu’elle aime tant,  de Colo Seguin qui enchaîne après une difficile expédition australienne sur l’XPD, et de Romuald Viale qui joue le remplaçant de luxe suite à l’indisponibilité d’Adrien. Le plateau est très relevé, toutes les meilleurs équipes françaises sont là ainsi que les suisses de Rady’s autour de la légende Yann Béguin, et surtout les espagnols de Columbia Vidaraid, numéro 1 mondiaux et vices champions du monde. 

Section 1 : Prologue + course d’orientation, Des plateaux d’Hauteville aux Monts d’Ain. Mardi minuit. 8h15’.
Départ à minuit pour les 40 équipes pour un prologue co dans Hauteville, forcément ça bouscule ! Sandrine manque de se faire écraser. Il s’agit de faire des choix rapides sur l’ordre. On se retrouve très vite sur les mêmes choix que les Suisses qui s’avèrent être les bons car on termine en tête ce prologue. On récupère alors les jeux de carte de la première moitié de course et on enchaîne au plus vite. La fameuse équipe française « FMR » composé de Clément Valla, Baptiste Turrel, Jocelyn Voigt et Lucie Croissant fait l’effort pour nous reprendre. On ne le sait pas encore mais on commence à se moment là une grande valse à deux  équipes!!!
Cette section annoncée compliquée au niveau de la carte s’avère conforme aux prévisions. Un immense chantier… Si les 5 premières balises sont plutôt aisées, la suite est un vrai cauchemar pour les équipes et surtout pour leurs orienteurs. La carte est fausse et incomplète et on se retrouve très vite à 15 équipes à tourner autour de B6. Après 2h30 de recherche, Clément et Samuel nous donnent la bonne info (merci !). On tente de garder le moral et on attaque B7 à fond en compagnie d’Issy. On la trouve facilement et avec beaucoup de chance… Puis B9 même chantier qu’on trouve finalement avec les FMR et raid74 de Manu Lang. Notre vitesse de course nous permet de sortir de cette section en tête à notre grande surprise. L’organisation a joué avec nos nerfs en proposant une telle section de nuit. On est content de s’en sortir si bien et on enchaîne sur le paddle. 

Section 2 : SUP, Traversée du lac de Nantua. Mercredi matin. 29’.
2km sympa pour traverser  le lac. N’étant pas des spécialistes, on embarque à genoux et Sandrine se fait accompagner par Romu. Les FMR sont avec nous et quelques autres équipes suivent sur le lac. On ne sait pas où sont les espagnols… Moment plutôt agréable, les photographes mitraillent ! 

Section 3 : Trek, par les falaises de grand Roche. Mercredi Matin. 1h07’
Petite section de transition que l’on réalise au train en compagnie de FMR. Colo et Romu se plaignent de douleurs aux genoux mais notre rythme est bon. Sandrine pourrait aller deux fois plus vite mais je la calme et lui rappelle qu’elle a la diagonale des fous à gagner dans un mois à la Réunion J

Section 4 : VTT, A travers le haut Bugey. Mercredi midi. 3h57.
On réalise une transition express et on part quelques minutes avant nos amis de FMR et d’Ertips (équipe de 2, raid court). Très vite on se rend compte que l’orientation va être délicate sur cette section encore… Hésitation sur le 1er poste et retour de FMR pour un nouveau tango sur cette section en leur compagnie. Les Suisses avec un Béguin impérial nous reprennent et nous passent grâce à un meilleur choix d’itinéraire. Sandrine crève encore !!! Quelques beaux sentiers et un final made in Raid  in France avec portage le long d’un cours d’eau sauvage. On en termine 5’ après les suisses. La bagarre est intense. Mais où sont les Espagnols ? 

Section 5 : Kayak, au fil de l’Ain. Mercredi après-midi. 7h08’
On embarque quasiment en même temps que les Suisses et FMR. Très rapidement les Frenchies nous passent et nous larguent. Romu se ravitaille en mangeant ses deux kilos de pates… On s’accroche aux Suisses. Romu est déçu car il se rend compte alors qu’ils n’ont pas pris un kayak auto-videur dans la précipitation du départ .  Hors, il avait conçu un système à roulette pour les portages révolutionnaire qu’il ne pourra mettre en place par les trous du kayak…  Il engouffre  un nouveau kilo de pâte pour avaler la pilule et on met la machine en route…   
On se débrouille plutôt bien avec nos charriots sur les 2 longs portages et on distance les Suisses à cette occasion. La nuit tombe, on coupe au niveau de l’île. Sandrine est contente de naviguer avec le spécialiste de la Ciotat. Colo s’est bien entrainé en Australie en kayak et on accroche le 2ème bateau derrière nous jusqu’au seul rapide de la section ! Le guide nous informe qu’il faut bien prendre à gauche le long du mur. J’ai l’impression que Romu a bien entendu la consigne… On passe avec Colo sans problème et on se retourne pour observer les copains. Je hurle « à gauche Romu, à gauche !!! » … il est bien trop à droite et ils se renversent irrémédiablement. Pauvre Sandrine qui boit la tasse à chaque fois qu’on l’a met dans le bateau du spécialiste kayak de l’équipe… Ils sont dans le bouillon et ont du mal à s’extirper du bateau.  On s’approche et on récupère Sandrine sous le choc et transis de froid. Romu nous faire part de son expérience en retournant le bateau seul … impressionnante la manœuvre !  Heureusement la section est bientôt terminée et nos deux poissons vont pouvoir se changer. 


Section 6 : vtt, en route pour le canyon de la Fouge. Nuit de mercredi à jeudi. 3h30.
On démarre cette section environ 1h après les FamousMR. On attaque pour se réchauffer. Je suis bien dans la carte, je commence à bien comprendre l’idée du traceur et ce que je dois prendre en compte sur l’’ign 50. Romu nous réclame assez vite une petite sieste. On le fait attendre un peu et on finit par faire un stop de 20’ juste avant le canyon. Nous voilà ainsi frais et dispo pour la suite…

Section 7 : canyoning , exploration du canyon de la Fouge. Nuit. 1h31.
On nous a annoncé un canyon froid et c’est avec les grosses combinaisons qu’on s’engage sur ce dernier. De beaux rappels se succèdent, finalement on a très chaud, trop chaud et on enlève une couche ! Nous sommes très rapides sur les enchaînements de rappel. On sort très vite et on s’engage sur la difficile remontée droit dans le pentu en petites culottes avec les combinaisons à la main. Sandrine se place devant nous tel le lapin dans les courses de lévriers… on fonce pour l’accrocher. Cette compétitrice a plus d’un tour dans son sac pour nous faire avancer!  De retour au parc vtt, on aperçoit les Suisses qui arrivent et toujours pas d’Espagnols en vue. On a donc au moins 2h d’avance sur eux. C’est cool ! 

Section 8 : vtt, Via le Mont D’Aranc. Nuit. 3h15.
La pluie se met à tomber, doucement puis fortement. On enfile notre grosse veste Vertical et notre pantalon étanche. Je reste très concentré sur le cheminement et on réalise une bonne section qui se termine par une très technique descente sur un beau sentier. Lorsqu’on arrive à la transition, les FMR sont là, on vient de leur reprendre 1h. Le moral est au beau fixe. Les regards de Steph Cornez et Anita sont de précieux réconforts. On repart comme des balles sur la via ferrata.
Section 9 : cordes trek, à l’assaut de la cascade de Charabotte. Jeudi matin. 2h33.
On passe en tête lors de la longue montée pour approcher la Via Ferrata. Le sol est très glissant et on s’accroche aux cordes fixes posées par les guides. La via Ferrata est magnifique avec passages en corniche et vue splendide sur la cascade en furie. L’endroit est féerique et la pluie qui nous tombe dessus rend l’instant encore plus magique. Les guides interviennent alors pour nous signaler qu’ils annulent  la remontée sur corde. On sort donc de cet endroit par le haut de la Via. Passages encore sublimes et étroits.  Un trek rapide nous permet de rejoindre Hauteville et la pause syndicale de 3h. Je sens que Colo est inquiet de ses douleurs genou et psoas.  On perd en chemin un bon ¼ d’heure sur un poste mal abordé… On rejoint la salle en tête, on est satisfait, la pluie dehors s’intensifie encore. On mange, on se change, on prépare la suite et on rejoint la salle de repos. Hélas cette dernière jouxte la salle de ravitaillement des bénévoles et il est bien difficile de trouver le sommeil. Les espagnols arrivent bien trop vite à notre goût dans cette salle (1h30 après nous)… Ca va être chaud ! 


Section 10 : vtt, du plateau du retord aux prémices du Haut Jura, jeudi après-midi. 9h56
La chance est avec nous ou plutôt le soleil pour notre départ sur cette seconde partie de raid in France. Les FantasticsMR sont prêts avant nous. Je prends le temps de tracer les cartes de ce long vtt au stabylo avant de partir et c’est donc en seconde position qu’on s’élance vers les hauteurs de l’Ain. Quelques hésitations en sortant de la ville puis une longue montée que nous réalisons à un bon rythme. Depuis le début on n’a pas utilisé la laisse et notre homogénéité physique est de bon augure pour cette fin de raid.  On profite d’une descente à choix multiple pour doubler les FMR qui nous recollent aussitôt. Nous continuons notre ballet un moment puis on se sépare sur un choix différent à l’approche de Plan d’Automne… Le plateau du Retord est magnifique, soleil, pâturages puis vue sur les Alpes et le massif du mont Blanc. Grandiose. On laisse échapper les FMR sur une crevaison de Romu qu’il a bien du mal à réparer. Une balise a disparu, après petite vérification, on prend en photo le poste ! Physiquement on est toujours très bien et on attaque une bonne descente à fond. La carte est à nouveau bien fausse et on hésite sur un carrefour qui devrait être évident. Une piste cartée est en fait un sentier caché… Je pense qu’on ne sera pas les seuls à perdre des minutes à cet endroit. Quelques beaux sentiers nous sont proposés et on apprécie vraiment cette section et son tracé. Colo nous donne un bon rythme dans la longue ascension suivante et on reprend très vite les FrenchMR sur un chemin chaotique. Ils semblent un peu éprouvés. On attaque de plus belle pour finir cette section sans erreur sur de beaux sentiers, Colo se plaint de son genou lors des portages en descente. Mis à part ça, c’est la régalade ! Un dernier pont historique avant d’atteindre l’aire de transition où nous attend contrôle du matériel et pesé des caisses vtt !!  


Section 11 : trek, à la découverte du haut Jura, nuit de jeudi à vendredi, 9h25
On est bon sur la pesée des caisses vtt et on part au plus vite en mangeant sur ce long trek qui nous semble décisif. On est tête et au moment du départ, personne d’autre au parc vtt ! Très vite on se rend compte que Colo ne peut plus utiliser sa jambe droite… Sandrine toujours impériale l’accroche à la laisse ! On se concentre avec Romu sur la carte pour éviter la moindre erreur. La première partie est très ascendante, on garde un bon rythme mais à la moindre descente, Colo est en difficulté et notre rythme est alors insignifiant. Je l’accroche à mon tour à ma laisse, la balise en haut du Vallon n’est pas évidente mais en contournant par les champs, on perd finalement peu de temps. Au Cp sur les hauteurs, nous retrouvons du beau monde. Les Ardito, Vincent Faillard, Hervé Simon… Ils nous réchauffent le cœur et Vincent nous annonce les espagnols en perdition sur le VTT. Le moral gonflé, nous repartons dans le brouillard pour attaquer le col puis la longue descente de 1200 de dénivelé négatif… Derrière nous au loin des frontales ! Mince nos amis sont de retour…

Ambiance très raid au col avec dans la nuit, brouillard et vent !  Colo serre les dents mais il souffre et notre progression en descente est digne d’un club du 3ème âge et encore… Une équipe arrive, on s’apprête à dire bonjour à nos copains FMR mais non ce sont les espagnols qui déboulent à 15km/h ! Loin d’être en perdition contrairement à leur balise GPS qui devait l’être au moment où Vincent à regarder le Live…  Le coup au moral est terrible, Colo culpabilise et de plus on se plante deux fois de piste dans la descente aux enfers ! C’est interminable, plus ça va moins ça va… Il souffre trop et le sommeil le fait délirer. Il veut qu’on le laisse dans un fossé J Personne n’évoque l’abandon mais on y pense tous certainement. Comment continuer dans ses conditions. 1200m de dénivelé avec une jambe de bois, c’est long, très long. A l’approche de Fort l’écluse, je lui demande comment il envisage la suite. Il me répond que si on est 5ème, c’est plus la peine mais que si on est toujours dans la course, il va insister un peu pour voir. Dans son souvenir, la douleur n’est pas trop handicapante  à vtt. Sandrine tente de remobiliser les troupes mais le moral est très bas. Arrivée au Fort, nous sommes agréablement surpris d’être encore 2ème mais à 2h des espagnols… Pour cette fin de section, nous devons descendre les presque 900 marches pour une course d’orientation des plus originales. Originale va aussi être la technique de Colo. Après avoir tenté de le porter, il décide de descendre en marche arrière les dites marches ! Une fois en bas, une jolie médecin alertée s’entretient avec lui. Ca me rappelle l’Aventure aveyronnaise 2011 où il avait fini dans les bras de l’infirmière suite à un coup de chaud J. Quelque peu rassuré sur les possibles conséquences de cette tendinite, il monte dans la barque pour un repos bien mérité au moment où les copains de FMR font leur apparition. Son courage sur cette section a été MONUMENTAL. Chapeau l’artiste…


Section 11 : Barque, De Fort L’Ecluse à Génissiat, vendredi matin, 2h29
C’est une première pour nous la barque. 2 rameurs seulement ce qui nous permet de dormir à tour de rôle. Comme promis lors de la descente, on laisse Colo dormir durant les 2h. On se relais à trois sur cette activité plutôt agréable. Nous naviguons  dans un beau décor. Les FMR nous passent pour un nouveau chassé-croisé de septembre !  Notre sieste est bien réparatrice et on s’endort très très vite à chaque fois. 


Section 12 : trek, petite visite souterraine, vendredi après midi, 3h44
La sortie de barque est bien difficile pour notre guerrier, on se dit alors que si on passe ce trek ascendant, on peut rejoindre la ligne d’arrivée et viser encore le podium. Malgré les médicaments, il souffre de plus en plus. De plus le tracé emprunte le lit d’une rivière dans un petit canyon. On évite au maximum ce dernier et nous trouvons des passages plus faciles dans la forêt en bordure. La laisse est très tendue, On aimerait avoir des boules quies pour ne pas entendre souffrir notre copain… La spéléologie est annulée en raison des eaux trop importantes dans le secteur. C’e n’est pas plus mal pour nous ! On continue à notre rythme et nous atteignions l’aire de transition suivante au bout de 3h45. C’est comme une délivrance pour l’équipe ! De plus nous n’avons perdu que 30’ sur les 2 équipes de tête. On réalise une nouvelle transition express en espérant que Colo puisse pédaler normalement…


Section 13 : vtt, les marais du lavour par le grand Colombier, vendredi fin après midi, 5h24
Nous attaquons cette section à 2h40 des espagnols et à 45’ des FMR. Bonne descente pour débuter, puis longue ascension que nous menons à un rythme de fou. Nous libérons toute notre frustration des sections précédentes et notre fraîcheur physique est surprenante… Les paysages au coucher de soleil sont très beaux, nous reprenons les FMR au niveau du grand Colombier avant la descente. On est euphorique et on est à l’attaque. Thomas Gaudion serait fier de nous, lui qui aime ce genre de rythme improbable en raid… Une erreur dans les marais permet aux FMR de repasser devant mais nous terminons cette section à 1h30 des espagnols. C’est bon pour le moral ! On sait maintenant qu’on ira au bout et que tout est encore possible sur les deux dernières sections !

Section 14 : kayak, le Rhône et ses lones, nuit de vendredi à samedi, 2h24
On embarque pour une courte section de kayak sur le Rhône, il y a du débit et on en profite avec Sandrine pour dormir quelques instants par ci par là pendant que Colo et Romu dirigent tranquillement. Dans le brouillard, l’ambiance est particulière sur l’eau. Romu est très concentré sur la carte pour éviter une erreur…  On débarque au moment où FMR part à vtt pour la dernière section. Les espagnols sont toujours 1h30 devant. 

Section 15 : vtt, Retour à Hauteville, samedi 1h42, 8h48
On s’élance frigorifié et on se dit qu’on dormira un peu lorsqu’on sera réchauffé. En traçant, je m’aperçois que ce sera très compliqué en lecture de carte et qu’il faudra être très vigilent !  Je me rassure sur ce début de section en me sentant bien dans la carte. Très rapidement, il n’y a plus que 4  traces de vélo devant nous et je me dis qu’on a doublé les Frenchies où qu’ils se reposent quelque part. Romu et Sandrine me réclament une sieste mais je refuse car il faut que je profite encore de ma lucidité et de son bon moment d’orientation. Je me rate un peu plus loin et on perd 15’ mais je me dis que sur l’ensemble de ce début de section, le bilan est positif… Dans la descente suivante, une branche vient exploser mon dérailleur… Romu se transforme en Mc Giver mais je dois finir la section en pignon fixe avec mes 2 plateaux. Ca fait mal aux jambes, Colo me tracte de temps en temps pour passer les raidillons. On attaque alors la terrible ascension qui précède la B42, le sommeil nous gagne vraiment en poussant nos vtt. Nous décidons de faire une pause sommeil de 10mn afin de retrouver de la lucidité pour cette fin de course. Colo nous réveille en criant : « hé on n’a pas entendu le réveil !» on regarde nos montres avec angoisse, combien de temps avons-nous dormi finalement ? ouf  15mn ! On repart sur un bon rythme puis on engage la descente compliquée en orientation vers la B42. En approche on aperçoit des frontales et on se dit que les 4 Fabulous Mountain Raiders sont de nouveau devant nous ! Mais surprise, ce sont les Espagnols de Columbia ! La B42 n’est pas à ce carrefour, nous continuons et après s’être recalé au carrefour suivant, on revient sur nos pas en se disant que le poste était bien au carrefour des espagnols. A cet endroit, plus de Columbia et pas de balise, on cherche, on se recale en contrebas et au bout de 15-20mn, nous avons la certitude que la balise est manquante et nous sortons pour la 2ème fois de la course notre appareil photo pour prendre le cliché du carrefour comme l’indique le règlement dans ce cas-là. On repart ultra motivé car il reste encore des kms avant l’arrivée et on estime que les Columbia sont 20 à 30 mn devant nous.
Après une traversée de route, nous faisons une coupe à travers bois pour rejoindre la piste principale. Très rapidement nous retrouvons les espagnols qui semblent très marqués par la fatigue et atteint par l’absence de cette balise. Discussion froide et brève, nous continuons dans cette forêt 5 minutes ensemble puis à un croisement, ils s’arrêtent et hésitent. Avec Romu on est très bien calé et il nous semble évident de prendre à droite pour rejoindre la piste principale. Les Columbia ne nous suivent pas… On ne le sait pas encore mais on est en train de prendre notre envol vers la victoire sur ce RIF 2015 fou fou fou… On roule à fond en imaginant la tête de nos amis et supporters devant leur écran d’ordinateur…
On enchaîne bien sur les successions de croisement, on scrute au sol les traces de vtt mais rien nous semble- t-il. Au CP suivant nous voyons avec plaisir les Chauds Patates (raidaventure.fr), qui attendent après avoir été shunté. Il nous confirme  qu’on est en tête. Discussion avec le boss Bahuaud… puis nous filons vers les derniers postes. Pas simple cette fin de course, une longue crête, on pousse on roule un peu. Romu mène l’orientation avec brio. Il y a de plus en plus de monde aux CP, Hervé et Vincent font sonner les cloches, les émotions nous transpercent. On est en train de gagner ce RIF 2015 24h après avoir failli le quitter… Le raid aventure c’est fou comme sport mais tellement magique. L’émotion est collective sur les derniers kms, nos regards croisés sont chargés, intenses. Je gratifie mes copains d’un magnifique soleil à 1km de l’arrivée… Rien de cassé, on peut franchir la ligne sur nos vtt après presque 82h de course, 2h devant Columbia qui aura vraiment mal terminé et 6h devant les brillants FMR en souffrance sur cette dernière section. Champagne !  

Ce raid in France 2015, on n’est pas près de l’oublier… on a su faire le dos rond, se montrer très efficace dans les parties techniques, orienter de façon sûr à plusieurs. On a été généreux, solidaire et plus que tout   notre mental et notre expérience ont fait la différence.

Un immense respect pour Colo, « césar du don de soi 2015 », une immense admiration pour l’infatigable Sandrine qu’on suivra avec attention sur la diagonale des fous 2015, une immense découverte en Romu qu’on se garde au chaud dans l’équipe pour l’olympiade à venir…

Thomas, Nico, Karine sont venus dans l’Ain pour l’arrivée et pour nous ramener à la maison, ce geste aussi on ne l’oubliera pas. 400team, c’est une grande famille de 50 adhérents avec aussi des jeunes qui commencent à nous pousser à l’entrainement. Cette victoire est celle de toute une association dynamique et qui œuvre pour le développement de ce magnifique sport.

Enfin un grand merci à nos partenaires sans qui tout cela ne serait  possible :
Notre fidèle équipementier Raidlight basé en Chartreuse,
La société Naturex, basé sur Avignon, nouveau partenaire qui sera d’une aide précieuse pour la finale au Brésil.
Hoka, pour ses chaussures dont certains membres du team sont addicts !

Le mot de la fin pour les organisateurs du RIF :
Un grand merci bien sûr, autant de temps toute l’année pour nous coureurs… merci pour cette générosité. Vous êtes une grande famille qu’on aime retrouver. J’espère que vous aurez longtemps cette énergie et que raid in France durera encore et encore. Il y a tant de beau coin en France à explorer. Nous connaissons maintenant beaucoup mieux l’Ain.
Nous avons vraiment apprécié ce parcours, sa diversité, les belles sections vtt, les difficultés d’orientation (sauf la section 1… mais ça on va l’a déjà dit !), la variété des disciplines proposées.  Merci Pascal, merci Thierry, merci à toute l’équipe Raid in France, on sera là bien sur l’an prochain…

sébastien

Sunday, November 23, 2014

Championnat du monde de raid aventure Equateur 2014 700km des Andes au Pacifique.

La video "inside" en cliquant sur le lien:https://www.youtube.com/watch?v=VuMfZa3cATU

Le récit ci dessous:

Pour cette finale 2014, toutes les meilleures équipes sont présentes. Nouvelle Zélande, Suède, Etats unis, France, Angleterre, Espagne, Equateur… La diversité et richesse de la nature équatorienne promet une course magnifique ! Notre préparation est très amateur en comparaison de certaines équipes arrivées sur place depuis deux semaines mais en 3 jours, nous nous acclimatons correctement à l’altitude. Notre préparation est quelque peu perturbée par l’arrivée très tardive de nos caisses vtt bloquées à Madrid puis Miami et par la bronchite d’Audrey ! Malgré tout nous voici sur la ligne de départ ce dimanche 9 novembre pour le plus grand défi de notre vie de raideur.

Section 1, trek 29km : en haute altitude

Le départ est magique, le volcan Antisana se dresse devant nous, le soleil est au rendez-vous et la nature grandiose. Nous sommes à 3800M d’altitude. Les équipes se dispersent dans les landes puis se retrouvent sur une piste qui mène à 44OOm d’altitude. Nous sommes agréablement surpris car notre rythme est bon et nous nous retrouvons dans un second groupe à distance respectable des cadors ! La descente est tout aussi belle et nous changeons rapidement de décor. La végétation est déjà dense et le sol parfois très boueux. Nous retrouvons les espagnols et américains et terminons avec eux cette magnifique 1ère section. 5 équipes se sont détachées 15 minutes devant notre trio. La course est lancée. L’arrivée à la transition 1 est digne d’un tour de France avec une grande ferveur.

Section 2, vtt 67km : Dont 45 de route…

Là c’est moins fun, une longue descente sur route à 40km/heure, puis le seul sentier de la course hélas impraticable. Nous poussons et portons dans la boue notre vtt, la pluie commence à tomber et nous arrivons assez vite à la transition 2 toujours en 8ème position. Encore une superbe ambiance avec ravitaillement à volonté.

Section 3, trek cordes, 44km : Superman entre en action

On repart sur une piste en profitant encore des pâtes et sandwichs offerts par les équatoriens. Audrey a son moment de souffrance du raid avec des crampes d’estomac très douloureuses. Accrochée à mon élastique, j’essaie en vain de lui changer les idées… La nuit tombe, nous marchons à bonne allure et retrouvons tout d’abord les américains de Tecnu. Nous traversons ensemble le premier pont instable à l’aide de nos longes et baudriers pour éviter de finir dans la rivière. Ils repartent vite sur un sentier très escarpé et ultra technique. Le genre de déplacement qu’affectionne Adrien. Hélas notre guide est sec et l’altitude ne favorise pas un retour en forme. Il râle d’être dans cet état. Malgré tout il a l’art de trouver le bon cheminement et nous rattrapons les espagnols de Columbia, les anglais Adidas et les américains une nouvelle fois ! Ce chantier va durer toute la nuit, nous progressons à une toute petite vitesse. Nous devons alors franchir un 2ème pont en très mauvais état, nous sommes en compagnie des espagnols. Nous sommes longés à une corde de sécu, le bois est pourri et Adri très à l’aise et déjà de l’autre côté quand le pire se produit : le sol s’effondre sous les jambes de Barbara la brésilienne de l’équipe Espagnole. Elle disparait sous le pont vers la rivière en folie, seul son sac à dos est visible de là où l’on est. Heureusement elle est accrochée à la ligne de sécu via ses longes. Ses coéquipiers sont tétanisés et ne bougent pas. Adri déjà de l’autre côté est le mieux placé pour venir la secourir, il arrive tel superman et sort la belle espagnole non sans difficulté. Nous tenons notre héros ! Remerciement très rapide des espagnols et ils repartent de plus belle…
La végétation est dense et magnifique. Audrey va mieux mais c’est cette fois Tom qui ressent le mal d’altitude, maux de tête et jambes coupées ! Je me dis alors que la ligne d’arrivée est bien lointaine et qu’il va falloir déjà penser à la relier et calmer nos ardeurs. La pluie redouble, la température chute, on commence à avoir froid. Je me sens en forme olympique et accroche Adri et Tom derrière moi pour arriver au plus vite au chaud à la transition 3. Au petit matin c’est chose faite et après s’être changés, nous prenons comme la plupart des équipes devant nous 2h de repos sur les 8 imposées par l’organisation. Nous apprendrons plus tard avec grand regret l’abandon des copains LSN à cette transition. Tandis que les champions du monde en titre Mimi Jacky accompagnés de Sylvain et Vincent font la course en tête.

Section 4, vtt 144km : Dur dur…

Après notre repos, nous espérons repartir sur un rythme plus soutenu, hélas Adri n’est pas mieux et c’est même pire. Avec l’altitude il a les jambes coupées et le col à franchir est bien haut. On l’atteint enfin et la récompense est magnifique. Le majestueux volcan Cayambé se dresse devant nous et rend la descente sur piste splendide. Nous débutons alors notre très mauvais passage de la semaine. Des erreurs d’orientation qui nous coute en cumulé 3h environ, un rythme lent. Et malgré quelques beaux passages le long de canaux ou dans une ancienne voie ferrée, nous peinons sur cette trop longue section. A Guayllabamba, nous confondons la direction El Pisce avec El Quiche ! Résultats nous prenons la route panaméricaine dans la mauvaise direction et on ne comprend rien à la situation. 1 heure de perdue dans la ville qui nous fait bien rire aujourd’hui ! La fin de section de nuit est difficile. Les Suédois nous rattrapent et cela nous relancent un peu et nous permet de rejoindre au milieu de la nuit San José de Minas en 8ème position loin des 6 premiers. Nous décidons de dormir 2 heures à nouveau et apprenons que nous devrons purger comme la plupart des équipes 4h de pénalités pour un avoir emprunté un passage interdit sur une piste. C’est plutôt une bonne nouvelle pour nous car cela signifie 4h de sommeil en plus à la prochaine transition. Seul Seagate dans les 10 premiers a respecté le road book et tient alors sa victoire.

Section 5, trek 45km : et au milieu coule une rivière…

Il est 5h du matin ce mardi quand nous reprenons notre route pour un beau trek. Nous sommes en forme globalement. Nous trouvons assez facilement le premier poste et entamons une longue ascension quand surprise, nous retrouvons les américains qui se sont perdus toute la nuit ! 6h qu’ils fouillent et cherchent le sentier qui mène au sommet. Incroyable scénario. Cela nous gonfle le moral. La montée est longue et très raide. Le soleil est présent et nous brule la peau. J’accroche Adrien pour ce dernier passage en altitude. Audrey va bien et Thomas a retrouvé la grande forme. Nous atteignons le sommet mais le poste suivant est difficile d’accès, un chemin n’existe plus et nous en retrouvons un autre pour atteindre le poste. Audrey souffre des pieds mais ce ne sera bientôt pas la seule ! Nous entamons alors un des plus beaux passages du raid, une descente sur un vieux chemin de contrebandier. Le sol s’est creusé au fil des années et nous évoluons dans un passage étroit bordé de roche ou de végétation luxuriante. La pluie se met à tomber transformant le sentier en une rivière de boue. Quelle ambiance. On est à l’attaque car on se sait performant sur les passages techniques. Hélas en bas de la descente, nous entamons une bonne dizaine de km de piste pour rejoindre la transition et nos pieds nous ralentissent fortement. Nous rejoignions Méridiano en début de soirée. Nous sommes 7ème à moins de2h des anglais et américains. Nous purgeons la pénalité de 4h comme tout le monde. On soigne nos pieds. Adrien n’arrive toujours pas à manger mais il est moins à la peine à cette plus basse altitude. Comme à chaque transition ou presque, on peut commander un plat chaud local ou une soupe. Le grand luxe…

Section 6, vtt 159km : ballade entre amis

Nous entamons dans la nuit de mercredi ce 2ème grand chantier VTT. Mais nous sommes sereins car savons qu’on sera bloqué au départ de la rivière ce soir et qu’on ne pourra entamer le kayak que demain à 5h30. Donc on roule régulièrement en prenant le temps de s’alimenter correctement. Il pleut encore en début d’étape. On enchaine les longues ascensions sur pistes. C’est difficile moralement surtout de nuit. Finalement nous avançons assez vite sur la carte et pensons pouvoir rejoindre dans la soirée le stop dark zone à Indépendiente. Dans l’après-midi, nous nous régalons sur une descente dans une magnifique forêt tropicale. Nous nous offrons le luxe d’une pause de 45 minutes dans un resto !!! Nous atteignons ensuite l’atelier corde ou surprise les Anglais sont encore là ! Un saut, une petite tyrolienne et un pont de singe. Jolie mais un peu gentillet compte tenue de l’évènement… On termine ensuite la section vers 18h par un joli coucher de soleil. C’est la pause obligatoire, les américains et les anglais sont là, on peut encore espérer toucher la 5ème place ! On mange, on dort, on discute avec de jeunes équatoriens francophones. A 3h du matin, nous avons la mauvaise surprise de voir que 8 équipes au total sont là. On repart donc pour un raid départ en ligne avec ces 7 équipes. Les compteurs sont remis à zéro, c’est le principe injuste de la dark zone !!!

Section 7, Kayak rivière 69km : beau et humide

Une petite marge d’approche pour atteindre la rivière où je me fais un coup de stress en traversant un fossé sur un tronc. Un vertige qui fait bien rire mes camarades… Superman me sauve la vie même si je ne ressemble pas à une brésilienne ! Un vrai héro quoi… L’organisation nous donne alors ses consignes de sécurité. Ils sont d’ailleurs très pro à ce niveau-là. Nous entamons notre descente 10 et 5 minutes après nos adversaires Anglo-saxons. Nous craignons le retour des équipes suédoises. La rivière est magnifique, la végétation luxuriante. On avance vite sur des kayaks auto-videurs très bas. On se régale. Les premiers rapides approchent, un classe 3 voire 4 nous met tous à l’eau, on tape les genoux sur des rochers, on perd notre matériel. Mais on récupère tout grâce à l’aide de deux secouristes sur place. On a rattrapé les anglais qui sont en vrac aussi ! On repart et avec tom on va maîtriser les rapides suivants contrairement à Audrey et Adri qui baignent à chaque fois ou presque ! Adri casse ensuite sa pagaie sur une nouvelle chute et nous ne savons pas encore que cela aura de lourdes conséquences… Nous terminons cette magnifique et ludique section proche des 2 équipes devant nous et nous sommes heureux de constater que personne ne nous a rattrapés… Les suédois, c’est plus ce que c’était !!!

Section 8, vtt 42km : montagnes russes

Nous sommes jeudi après-midi et le soleil tape bien fort. Cette courte section de vtt est roulante au début et infernale sur la fin. Des montagnes russes avec des pentes à 20%. Tom est forme olympique mais casse sa chaîne. J’ai le genou gauche en feu suite à ma chute de kayak. On rejoint tantôt à pied tantôt sur le vélo la Y de Cube où une belle surprise nous attend avec la présence des copains de Lozère. On discute et on se prépare pour la section jungle annoncée très difficile…

Section 9, trek 40km : bouhhhhhhhhhhhhh

Il est 18h30 environ ce jeudi soir lorsqu’enfin prêt nous partons pour l’enfer… Pas de carte dans ce secteur. Nous devons suivre la trace GPS. Et c’est un problème pour nous car nous ne savons pas faire. Tom et Adri s’y collent sur les 10km de piste qui permettent d’atteindre l’entrée de la forêt. Mais ils n’y arrivent pas, pire Adri tombe le gps et la vitre se brise… Il fonctionne encore et après une heure d’attente l’un des deux annonce comprendre l’outil ! Ça marche ! Ouf…Le début de la jungle est décevant, une large piste rouge transformée en gigantesque champs de boue. On essaie de protéger nos pieds au maximum en évitant de tomber dans la boue mais très vite on se rend compte que c’est impossible. Alors on y va franchement, s’agit d’aller vite maintenant ! Tom nous agrémente alors d’un moment d’anthologie dont il a le secret. Se ratant sur un franchissement il tombe dans une fosse de boue plus importante et se met à paniquer « au secours je vais me noyer, Seb vient me sauver ». Puis sorti de son enfer, il appelle tout le monde à un peu plus de calme et de sérénité ! On est mort de rire et cela fait du bien dans ce contexte bien hostile…le chemin finit par se rétrécir et on entre véritablement dans la forêt. De nuit elle n’a rien d’exceptionnel par contre le sentier lui l’est ! Un sentier de boue où l’on s’enfonce à minima jusqu’à la cheville mais bien plus souvent jusqu’au genou. Il nous reste certainement 25km à faire… Mais il était écrit qu’on croiserait à nouveau nos amis américains, de nouveau perdus mais cette fois avec leur GPS ! Cela nous motive, Audrey en profite pour nous balancer son sac jugée trop lourd avec véhémence, elle est fâchée, un peu mais pas trop, pas trop longtemps…, Les américains nous doublent puis s’égarent puis nous doublent et ainsi toute la nuit ou presque. Pas de serpent en vue mais de belles mygales. Et puis il fallait pimenter la section avec un dénivelé de 300m à faire dans ses conditions. L’enfer, la galère mais on a pas la choix alors on ne s’arrête pas, jamais. De toute façon où se poser dans ces conditions ! Nous larguons Tecnu sur une dernière erreur de leur part. On termine comme on peut et même à la nage pour traverser la rivière qui nous coupe du CP malgré les réticences de Tom. On réalise certainement le meilleur temps de la section (13h30)….Audrey vient de réaliser pour moi un exploit incroyable tant cette marche nécessitait une force physique et mentale monumentale. Béa d’Endorphinmag nous attend à la transition et nous donne quelques news. Nous décidons d’enchaîner avec la dernière section kayak pendant que la marée nous est favorable. Tecnu arrive au moment de notre départ, les anglais sont une heure devant. Les français qui craquent à 3h. La bagarre continue !

Section 10, Kayak 55km, course 4km : A une pagaie près

L’orga refuse de nous prêter une pagaie de remplacement et nous partons donc avec trois pagaies et demi ! On mange et dort à tour de rôle. On débute sur une rivière puis sur un estuaire. En arrivant au CP 31, on voit les anglais juste devant nous à 15mn ! Mais aussi les américains juste derrière… Mais encore 30km à parcourir… Adri a besoin de dormir, Audrey devient alors superwomen et fait avancer le kayak seule et elle motive les troupes tel un entraineur de rugby ! Elle nous bluffe. Avec Tom on galère avec cette demi pagaie, on s’épuise et lorsque la marée s’inverse, il nous devient difficile de la contrer. C’est long, très long. Le CP suivant est dans la mangrove, Les américains sont à fond derrière nous, les anglais toujours juste devant. On est à fond mais cette demi-pagaie est un lourd handicap. Tecnu nous double juste avant d’accoster, des machines très très entrainées. Ils sortent du bateau, ramassent leurs affaires au plus vite et partent en courant à 15km /h ! On décide alors de prendre un peu plus notre temps pour réaliser les 4kms devant nous amener à l’arrivée à Monpiché. Quand on s’aperçoit que les anglais se sont perdus dans la mangrove et qu’ils arrivent. Ils sont surexcités, posent leurs bateaux, se débarrassent de leur dossier et partent eux aussi comme des furieux rejoindre la ligne. Ils perdent des affaires et en ramassent la moitié… l’un des 4 peine à suivre et cela nous fait rire, le costaud de l’équipe capable encore de courir à 20km/h le tracte alors et ils s’envolent. Nous on ne peut courir à cette vitesse à ce moment-là. On est médusé. Finir un raid de 130h au sprint sur une route, ça gâche un peu la fête. Une arrivée kayak aurait été bien plus logique et saine. Après 2km, on croit voir une nouvelle équipe derrière nous mais ce sont des joggers ! On finit par franchir la ligne d’arrivée en 7ème position à 15mn des américains finalement 4ème et qui doublent les français à 1OOm de la ligne, eux qui pensaient que l’équipe suivante était à 2h ! Nous nous faisons un plaisir de rendre aux anglais leurs affaires tombées sur la route…Fin étrange d’un superbe raid, d’une aventure hors du commun où nous aurons découvert un pays aux multiples facettes.

Nous sommes fiers de cette place assez logique compte tenu de notre niveau physique de la semaine et du peu d’orientation difficile proposée. Nous garderons longtemps en mémoire ses volcans enneigés, ses forêts luxuriantes, ces deux sections kayaks d’anthologie et le bonheur partagé durant 130h ainsi que la grande qualité d’organisation. . Le raid aventure c’est toujours « magic ».